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Lancement de la campagne contre les discriminations liées au diabète : « Je fais un vœu »

 9 janvier 2017 – La Fédération Française des Diabétiques et l’Aide aux Jeunes Diabétiques lancent la pétition « Je fais un vœu : choisir le métier de mes rêves » pour en finir avec les discriminations professionnelles inacceptables à l’égard des personnes diabétiques, et faire bouger la réglementation avec des propositions concrètes.

Le saviez-vous ? La France compte 4 millions de personnes diabétiques. Et encore aujourd’hui, être atteint de diabète limite ou interdit l’accès à certaines professions et peut ralentir l’évolution professionnelle. En cause, une méconnaissance de la maladie par les employeurs, mais aussi et surtout une législation datant de plusieurs décennies, totalement déconnectée des progrès thérapeutiques et des conditions actuelles de travail. Il est donc urgent de faire évoluer ces textes réglementaires et législatifs discriminants afin de lever leurs restrictions inadaptées et injustifiées.

En ce début d’année, la Fédération Française des Diabétiques et  l’Aide aux Jeunes Diabétiques (AJD) lancent une campagne de lutte contre ces règlementations discriminantes d’accès au travail pour les personnes diabétiques. Tous les Français sont invités à signer la pétition sur www.jefaisunvoeu.fr pour que chacun puisse choisir le métier de ses rêves avec son diabète.

Les professions interdites aux personnes ayant un diabète

Aujourd’hui, si vous avez un diabète, vous ne pouvez pas être ingénieur des Mines, marin, policier, pilote, hôtesse de l’air, contrôleur de la SNCF ou de la sécurité sociale, pompier… Injuste pour les associations de patients et les médecins qui rappellent que les textes règlementant l’accès à certaines professions datent de plusieurs décennies. « Ils ne prennent en compte ni les progrès qui ont été faits dans la prise en charge du diabète, ni l’évolution de certaines professions et l’amélioration des conditions de travail », déplore  Daniel Vandevoir, médecin du travail à Caen. Par exemple, l’Ecole des Mines est interdite aux personnes diabétiques parce qu’autrefois ces ingénieurs descendaient dans les mines et devaient donc avoir une très bonne vision pour travailler dans un environnement aussi sombre. Mais ce n’est plus le cas depuis bien longtemps et pourtant le texte n’a pas évolué.

« Beaucoup de diabétiques travaillent sans aucun problème », assure Maître Sylvie Papasian, avocate pour la Fédération. Et pourtant ils sont encore trop souvent victimes de pressions ou de licenciements abusifs et pour les plus jeunes, de discriminations à la formation. L’avocate cite le cas de ce jeune, sauveteur en mer bénévole, à qui on interdit de suivre une formation de marin, alors que ce diplôme lui  est indispensable pour ensuite mener à bien son projet d’ouvrir un magasin d’accastillage.

Une pétition en ligne pour faire évoluer la réglementation discriminante :

La réglementation, les représentations erronées et la méconnaissance de la maladie sont des freins à la formation et la vie professionnelles, et constituent donc des obstacles à l’épanouissement social des personnes qui ont un diabète.

Face à ces discriminations intolérables, seule une mobilisation des acteurs politiques peut faire évoluer la situation et bouger les administrations. « Le diabète est une maladie chronique, pas un handicap, insiste le Dr Marc de Kerdanet, pédiatre diabétologue et président de l’AJD. Il ne faut pas ajouter à cette injustice de la vie une injustice sociétale. »
En cette période préélectorale, les associations de patients interpellent donc les candidats à la Présidence de la République. Elles leur demandent de s’engager à actualiser la réglementation trop restrictive et à évaluer les aptitudes au cas par cas.

« Bien sûr certains métiers seront plus difficilement accessibles, admet Gérard Raymond, président de la Fédération Française des Diabétiques, mais chaque cas devrait être étudié par une commission transparente regroupant l’ensemble des acteurs : professionnels, médecins, associations de patients, experts scientifiques. » Cette évaluation au cas par cas doit prendre en compte :

– Les données sur le travail (l’activité de travail elle-même mais aussi plus largement le poste de travail, le fonctionnement de l’entreprise)
– Les éléments sur la maladie (déséquilibres glycémiques, complications limitant l’autonomie ou la pratique professionnelle)
– Les ressources individuelles (cognitives, culturelles) et collectives (apportées par l’entourage familial, social et professionnel)
– Les conditions de vie, qui  déterminent les capacités des patients à gérer leur activité de travail et leur parcours professionnel.

« C’est bien une affaire de pluridisciplinarité entre les acteurs du soin, ceux de la santé au travail et les patients eux-mêmes », précise le Professeur Gérard Lasfargues, diabétologue, Directeur général adjoint scientifique au sein de la Mission alertes et veille sanitaires (Anses) et conseiller auprès de la Fédération Française des Diabétiques.
Pour soutenir Alizée, Pacôme et Maximilien et toutes les personnes ayant un diabète en France qui ne demandent qu’à choisir et exercer le métier de leurs rêves, signez la pétition en faveur de l’évolution des règlementations discriminantes, sur www.jefaisunvoeu.fr

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