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Parentalité positive : les parents français peuvent encore mieux faire

19 juin 2017 –  A l’occasion de son 24ème Congrès dédié à la bientraitance de l’enfant, l’AFPA rappelle que les pédiatres sont aussi là pour aider et guider les parents Congrès national de l’AFPA du 23 au 25 juin 2017 à Lille

Afin d’évaluer les connaissances que les parents français ont de la parentalité positive, l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) a mené une enquête intitulée « Mpedia Parentalité » via sa plateforme en ligne de conseil aux familles, Mpedia.fr, en juin 2017. Recensant 1 062 répondants, l’enquête montre notamment que, si 80,6% d’entre eux reconnaissent la définition de la Parentalité Positive, seuls 35% la mettent en œuvre aujourd’hui. Des résultats qui mettent en lumière le besoin d’information des parents, et qui incitent les pédiatres à rappeler leur rôle d’accompagnement de ces derniers dans l’exercice de leur parentalité.

La parentalité positive : une approche bienveillante que 39% des parents n’utilisent pas alors qu’ils pensent qu’elle les aiderait au quotidien

 Les parents français ont en grande partie entendu parler de la Parentalité Positive, cette approche différente de ce que pouvaient être les anciens modèles d’éducation. Mais ils sont encore très peu nombreux à l’appliquer, alors même que beaucoup voient en cette méthode une solution pour éduquer leur(s) enfant(s).

 Si l’éducation positive repose sur une approche bientraitante et bienveillante de l’enfant en apprentissage, elle fait respecter, avec fermeté, des règles essentielles au bon fonctionnement de la famille et à l’insertion en milieu social. Le parent et l’enfant ne sont pas, c’est important, sur un pied d’égalité : l’un guide, l’autre apprend. Mais l’adhésion de l’enfant est recherchée pour qu’un espace de dialogue et d’apaisement puisse être trouvé en cas de conflit ou de crise, avec toujours, en conclusion de l’écoute de l’enfant, une décision finale qui demeure le fait exclusif du parent.

Pour le Docteur Gatard, pédiatre à Poitiers, qui interviendra sur le sujet lors du congrès de l’AFPA, il s’agit de « renoncer à ces anciennes modalités d’éducation qui reposaient sur la domination et qui, dans le cas où l’enfant ne se conformait pas aux injonctions, imposaient qu’il « paye ». Des principes ajoute-t-il qui « ont des répercussions terribles sur le long terme, sur la capacité que l’enfant aura de vivre en société, puisque la violence qu’il aura subie, profondément enkystée, pourra se traduire par des difficultés relationnelles et, dans certains cas, par une attitude destructrice. »

 Les neurosciences et les sciences sociales ont en effet attesté que la violence éducative était délétère pour le développement cognitif et émotionnel de l’enfant. En parallèle sont nées de nouvelles voies de recherche pour les sciences de l’éducation, qui ont abouti à la mise en pratique de méthodes éducatives alternatives parmi lesquelles celles issues d’une Parentalité Positive, qui ont démontré une grande efficacité éducative.

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La fessée reste encore ancrée dans les pratiques en France, mais les pédiatres peuvent être un rempart

42% des parents répondants à l’enquête ne voient pas en la fessée une violence éducative, 20% estiment que cela « remet les pendules à l’heure » et 22% que cela « calme tout le monde ». « Bien des adultes persistent à dire qu’ils ont reçu des fessées et qu’ils n’en sont pas morts », explique le Docteur Gatard.

 Le rejet par le Conseil constitutionnel d’une réglementation interdisant la fessée a été reçue par les professionnels de l’éducation français comme le refus de reconnaître que le châtiment corporel est contre-productif et incompatible avec l’idée même d’une éducation bienveillante : « Que l’on ait refusé cette loi montre qu’il y a encore du chemin à faire dans les mentalités. Je pense que le pédiatre a ici un grand rôle à jouer et qu’il doit prendre le temps nécessaire avec les parents pour leur expliquer ce qu’est une ‘parentalité positive’ », commente le Docteur GATARD. Il peut accompagner les parents, notamment lorsque se présentent des situations de vie difficiles ou des conflits. « Il ne faut pas oublier que ce sont 99% des pédiatres qui prodiguent des conseils en parentalité (1) ! », ajoute le pédiatre.

 Et de conclure : « J’animerai lors du congrès un atelier pour présenter à ces spécialistes de l’enfance les outils de la ‘Discipline Positive’ créée par Jane Nelsen (2), afin qu’ils puissent à leur tour les proposer aux parents qu’ils reçoivent. Tous ceux qui travaillent auprès des enfants sont concernés par une Parentalité positive. L’éducation nationale est d’ailleurs volontaire pour se doter d’outils d’éducation positive et les expériences telles que celle menée par le Professeur Delion à Lille (voir plus bas) ont montré toute leur efficacité. L’éducation et une discipline positive ne redonnent pas uniquement de la dignité à l’enfant, elles en donnent également, et c’est fondamental de le comprendre, au parent qui l’applique et qui prend ou reprend confiance en ses capacités parentales. »


Retrouvez cette actualité sur Mpedia.fr = http://www.mpedia.fr/actualite-372-enquete-parentalite.html

(1) Gatard R. Place du pédiatre en parentalité aujourd’hui. Résultat d’une enquête auprès des pédiatres du fichier AFPA : Le pédiatre. 2016-4;275:9-13.

(2) Nelsen Jane, adaptation Béatrice Sabaté. La Discipline positive. En famille et à l’école, comment éduquer avec fermeté et bienveillance. Editions du Toucan,2012. Et : http://www.disciplinpositive.fr