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Le Ségur de la santé en détails #6

    03 juillet 2020 – Tous les vendredis, Lj Com vous informe de l’actualité en lien avec le Ségur de la santé. 

     

    Au programme de cette sixième newsletter : le report des conclusions du Ségur, les dernières actualités de la semaine, un focus sur les proposions du Conseil de l’Ordre des médecins, et le baromètre sur les réseaux sociaux.

    Report des conclusions du Ségur à l’heure du remaniement gouvernemental

    Hier en début de soirée, le ministère des Solidarités et de la Santé a annoncé le report de la réunion de clôture du Ségur de la santé à une date ultérieure. En cause : le blocage des négociations sur les revalorisations salariales, mais également l’actuel remaniement gouvernemental. Si le prochain gouvernement ne sera visiblement connu que mercredi prochain, ce report ne semble pas remettre en question le calendrier arrêté au début de la concertation : Emmanuel Macron a annoncé dans une interview accordée à la presse régionale que la reconstruction passera par le Ségur de la santé. Il a également précisé l’ampleur des investissements : “Nous dégagerons au total entre 15 et 20 milliards d’euros”.

     

    Lj com ne manquera pas de vous tenir informés des conclusions du Segur dès qu’elles seront rendues publiques. 

     

    Les actualités de la semaine : 

    A l’image des semaines précédentes, l’actualité du Ségur de la santé reste marquée par la question des revalorisations salariales et la mobilisation en baisse des soignants. Si le gouvernement a mis sur la table 6 milliards d’euros pour le personnel non hospitalier et 500 millions pour les praticiens hospitaliers et les étudiants en médecine, les syndicats ont jugé les différentes enveloppes proposées comme insuffisantes. Sur les revalorisations des salaires du personnel non hospitalier, les syndicats ont notamment dénoncé l’intégration du secteur privé et demande son extraction. Cependant, les représentants du secteur privé satisfaits de cette prise en compte restent vigilants à ce que cela ne soit pas le cas. De leur côté, les intersyndicales de praticiens ont estimé que la proposition du ministre était très loin du compte. En effet, elles revendiquent une revalorisation de 7 milliards d’euros. Face à ce mécontentement, Olivier Véran a proposé une enveloppe supplémentaire de 400 millions d’euros pour les revalorisations salariales du personnel non médical et 100 millions d’euros pour les praticiens hospitaliers faisant monter l’enveloppe globale à 7 milliards d’euros. Visiblement, ces propositions de dernière minute n’ont pas suffi à convaincre les syndicats.

    Peu de temps avant le report de la clôture du Ségur de la santé, Olivier Véran s’est dit convaincu qu’un accord serait trouvé car il existe une vraie volonté pour en trouver un. Pendant son intervention, il a insisté sur le fait que le Ségur n’était pas uniquement l’hôpital, mais également la ville et le médico-social. Ainsi, les investissements massifs dans la santé devraient concerner autant l’hôpital que le médico-social et la ville. Il s’est engagé à sortir l’hôpital des logiques de rentabilité dans lesquelles il a été enfermé. Dans cette perspective, il ne veut plus que le mode de financement de l’hôpital soit un outil d’organisation des soins. Il a également abordé la question de la gouvernance – se prononçant en faveur d’une plus grande autonomie des structures – ainsi que la crise des urgences en rappelant la nécessité d’organiser les soins en amont et en aval. Le ministre a terminé son discours en affirmant que ce Ségur de la santé était un exercice historique pour dépasser les problèmes récurrents. C’est un projet de société dans lequel la santé et les solidarités occupent une place centrale a-t-il conclu.

    Focus : les propositions du Conseil national de l’Ordre des médecins

    Après le Conseil de l’Ordre des pharmaciens, c’est au tour du Conseil national de l’Ordre des médecins de formuler ses propositions pour le Ségur de la santé. Dans sa communication, le Conseil de l’Ordre a tenu à « réitérer son appel à ce que celle-ci [la conclusion] permette de faire advenir une véritable réforme de notre système de santé, pour tirer les enseignements de la crise sanitaire et insuffler un nouvel espoir chez les médecins, les professionnels de santé et leurs patients. ». Articulé autour de trois axes, il appelle à créer un nouveau pacte territorial de la santé où :

     

    • La compétence santé serait donnée aux communautés de communes, en soutien du rôle central des professionnels de santé de proximité  ;
    • Des conseils territoriaux de santé seraient créés au sein des communautés de communes. Ils incluront l’ensemble des acteurs médicaux et sociaux, les établissements de santé publics et privés, aux côtés des élus politiques et des représentants de l’Etat et pourront nouer des contrats de coopérations entre acteurs pour mettre en œuvre les objectifs territoriaux d’organisation des parcours de santé et d’accès aux soins. Ces conseils territoriaux devront pouvoir prendre des décisions afin de faire advenir une “démocratie sanitaire de décision”. Cette démocratie sanitaire devra être étendue à l’hôpital.

     

    Le Conseil propose également de renforcer la coopération entre l’hôpital, la ville et le secteur privé. Pour cela, il plaide pour :

    • Un renforcement de l’ouverture des GHT à l’ensemble du tissu de soins afin qu’ils fédèrent tous les établissements hospitaliers publics et privés, les professionnels libéraux et les établissements médicaux sociaux, pour mieux fluidifier le parcours des patients ;
    • Un réinvestissement massif pour le repérage des troubles mentaux et les filières de soins psychiatriques adultes et infanto-juvéniles coordonnées ;
    • La mixité des exercices entre l’hôpital et les secteurs libéral ou privé : cela impliquerait de renouer avec le statut de médecin attaché hospitalier, d’adapter les statuts et de permettre aux jeunes médecins d’avoir une « bi-appartenance » libéral-hôpital ;
    • Une interopérabilité des systèmes d’information entre la ville, l’hôpital et le secteur médico-social et la généralisation définitive de l’usage du Dossier médical partagé ;
    • Une redynamisation des échanges entre médecin traitant et médecin hospitalier en cas de prise en charge hospitalière ;
    • Une refonte des urgences hospitalières via un recentrement des urgences sur leurs missions et la création d’un dispatcheur médical.

     

     

    Pour le dernier pacte – nouveau pacte pour les médecins – le CNOM suggère de créer un « baromètre du temps médical » pour mieux saisir l’évolution des rythmes de travail et des modes d’organisation des médecins. Il propose également de “créer un financement spécifique dédié à la qualité de vie des soignants” et d'”harmoniser la couverture sociale des médecins pour faciliter des changements de mode d’exercice au cours d’une carrière”. La communication intègre un dernier volet sur la prévention médicale où il appelle notamment à revaloriser le rôle de la protection maternelle infantile (PMI) et de la médecine scolaire.

    Le CNOM plaide pour un Ondam « pluriannuel » et « en forte progression » et estime que « le ‘tout-T2A’ ne doit plus être la règle ». Il plaide pour l’introduction de la « notion de dotation populationnelle ».

     

    Le baromètre des réseaux sociaux

    Plus de 1 400 publications ont été publiées sur les réseaux sociaux en l’espace d’une semaine, majoritairement sur Twitter. Ce chiffre est en hausse de 5% par rapport à la semaine précédente. La proportion de contenus négatifs reste lui stable avec 41,9% de publications négatives.